Aperçu

La généralisation des documents pédagogiques sous format numérique est une opportunité pour permettre à chacun, quelle que soit sa situation de handicap, d'accéder aux contenus. Il faut cependant connaître un minimum sur le sujet pour que cette opportunité ne se transforme pas en vecteur d'exclusion supplémentaire.

À la rentrée scolaire 2014, 260 000 élèves en situation de handicap (moteur, sensoriel, cognitif) sont scolarisés en milieu ordinaire. En 8 ans, ce nombre d'élèves a doublé et il continue d'augmenter chaque année de plus de 10%  (Source projet A.2.R.N.E. D.N.E.).

À l'université, il est passé de 8 000 étudiants en 2005 à 18 000.

L'accès et la consultation des ressources pédagogiques est un pré-requis évident, pour garantir à chaque élève la possibilité de suivre un parcours scolaire et universitaire. Ce postulat n'est cependant pas si répandu puisque de nombreux élèves en situation de handicap se retrouvent dans l'impossibilité de consulter les documents mis à disposition. Il ne s'agit pas d'une simple problématique de confort d'utilisation mais bel et bien de la possibilité d'accéder au contenu même d'un document.

Opportunité ou impossibilité ?

La généralisation des documents pédagogiques sous format numérique offre de nouvelles potentialités pour pallier aux différentes situations de handicap liées à la consultation des contenus. La manipulabilité du support numérique permet de décliner facilement différentes versions d'un même document. Citons par exemple :

  • Une unique version à disposition de tous et compatible avec l'ensemble des technologies d'assistances (lecteurs d'écran, plage braille, loupe écran...)

  • Des versions adaptées aux besoins de chacun (adaptations pour les dys, sous-titrage, contrastes adaptés...)

Il est désormais possible, pour un coût maîtrisé, de produire à la fois une version accessible d'une ressource et de décliner des versions adaptées à chacun.

Une bonne accessibilité des ressources est également bénéfique pour tous (meilleure structuration des documents, diversité des modalités de consultation tels que le sous-titrage et la transcription des ressources audiovisuelles...)

Ces opportunités peuvent cependant se transformer en impossibilité si le sujet n'est pas traité, ni intégré dans les politiques et projets des établissements. Dans ces cas, le numérique, en renforçant les difficultés d'accès, se transforme en vecteur d'exclusion supplémentaire.

Constat

Une obligation légale

La publication au Journal Officiel de l'article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, suivie du décret n°2009-546 du 14 mai 2009, impose une obligation légale d'accessibilité (présentation du RGAA) des services en ligne relevant de l'État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics.

En juin 2014, la DISIC (Direction interministérielle des systèmes d'information et de communication de l'État) a lancé un programme accessibilité numérique comprenant notamment la mise à jour du RGAA. Cette nouvelle version du RGAA a été approuvée par l'arrêté du 29 avril 2015.

Un déficit de contenus accessibles

Les établissements du supérieur manquent de moyens pour assurer à leurs étudiants un accompagnement adéquat. La majorité des ressources pédagogiques produites et diffusées n'est pas adaptée en termes d'accessibilité aux besoins de ces étudiants. La disponibilité de contenus pédagogiques pouvant se revendiquer pleinement "accessibles" est proportionnellement très faible comparée à celle de l'offre de contenus "classiques".

Une carence d'outils de production

Le coût de production d'une ressource accessible aux différents handicaps s'avère actuellement difficilement supportable pour un établissement. Ce surcoût se justifie notamment par un processus de production artisanal le plus souvent ponctuel et dédié, sans aucune prise en compte, ni de la reproductibilité du processus, ni de la réutilisation des contenus.

Un déficit méthodologique

L'accessibilité des applications et des ressources est le plus souvent traité en fin de processus, comme une composante optionnelle indépendante de toutes interactions avec la structure de l'application ou du document. Une telle approche, outre son inefficacité, ne fait que desservir l'accessibilité numérique car celle-ci est alors perçue comme un vecteur de contraintes (contrainte budgétaire, contrainte méthodologique, contrainte éditoriale...).

L'approche la plus efficace consiste à intégrer l'accessibilité numérique comme une composante à part entière du processus documentaire (gestion en amont et tout au long du processus).

Un sujet méconnu

Les initiatives autour de l'accessibilité numérique se heurtent à de multiples freins (contraintes budgétaires, technologiques, organisationnelles et méthodologiques), renforcés par un cadre culturel méconnu, celui du handicap. Afin de favoriser les collaborations entre les différents acteurs (référents handicap pour la prise en charge et l'accompagnement, enseignants producteurs de contenus, personnel technique chargé du support aux outils informatiques, décideurs politiques ou institutionnels), il est nécessaire de développer et de promouvoir une culture commune autour de l'accessibilité numérique afin que chacun puisse avoir connaissance des enjeux et du champs d'intervention le concernant.

Pistes d'amélioration

Une démarche transversale

Une bonne façon d'aborder l'accessibilité numérique consiste à l'intégrer comme une composante à part entière du processus documentaire (gestion en amont et tout au long du processus).

Malheureusement, le sujet de l'accessibilité, lorsqu'il est traité, est trop souvent traité en fin de processus. Une telle approche, outre sa faible efficacité, ne fait que desservir l'accessibilité numérique car celle-ci est alors perçue comme un vecteur de contraintes (contrainte budgétaire, contrainte méthodologique, contrainte éditoriale...).

Une structuration des contenus

Un des éléments essentiel d'une bonne gestion de l'accessibilité concerne la structuration des contenus.

Les avantages de cette approche sont nombreux :

  • Amélioration de la qualité des contenus

  • Possibilité de décliner des versions multisupports (papier, web...)

  • Maintenance facilitée (séparation du fond et de la forme)

  • Intégration des coûts au fil du processus

L'usage de chaînes éditoriales

L'usage de chaînes éditoriales Xml telles que Scenari , est un vecteur naturel d'une démarche de mise en accessibilité des contenus puisque ces outils reposent intrinsèquement sur une bonne structuration de l'information.

En complément de ce travail de structuration, la création de ressources accessibles nécessite de la part de l'auteur de renseigner certaines informations. Les chaînes éditoriales guident le rédacteur dans cette tâche.

Le document rédigé est ensuite publié vers différents supports de consultation. La publication automatisée garantit alors l'accessibilité du contenu en assurant une structuration html5 efficiente et des interactions utilisateurs compatibles avec les princiaples technologies d'assistance via l'utilisation d'ARIA.

La production de ressources accessibles est un prolongement naturel de l'édition structurée car reposant sur les mêmes principes de structuration.